Le tournant réaliste de l’ ESG – De Camille Putois

Dans son article « Le tournant réaliste de l’ESG » publié le 4 juin cette année dans la revue Le Grand Continent (sur abonnement), Camille Putois analyse l’évolution de la prise en compte des critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance) dans le monde des entreprise, et en particulier comment ces critères, autrefois souvent utilisés de manière superficielle, gagnent en sérieux et en importance.

L’article aborde d’abord les contestations récentes des politiques environnementales, tant en Europe qu’aux États-Unis.

  • En Europe, certains responsables politiques et organisations patronales appellent à une pause dans l’adoption de nouvelles normes environnementales.
  • Aux États-Unis, le terme « ESG » est devenu politiquement clivant, avec des États républicains allant jusqu’à interdire l’utilisation de critères ESG dans certaines décisions d’investissement.

Malgré ces contestations, Camille Putois affirme que le mouvement vers des modèles d’entreprise plus durables est irréversible. Elle identifie plusieurs dynamiques qui soutiennent cette transformation :

  • Premièrement, de nouvelles règles de communication sur les performances ESG des entreprises sont mises en place. La directive européenne CSRD et les standards mondiaux de l’ISSB imposent une plus grande transparence et comparabilité des performances ESG. Ces obligations de transparence agissent comme de puissants leviers de transformation.
  • Deuxièmement, l’approche ESG évolue vers une perspective plus « business », fondée sur les bénéfices économiques et financiers de la transformation. Le concept de « matérialité financière » est introduit, analysant l’impact financier des facteurs ESG sur l’entreprise.

Elle examine dans un second temps les bénéfices concrets de l’ESG pour les entreprises dans différents domaines :

Sur le climat, les entreprises reconnaissent leur vulnérabilité aux risques climatiques et s’engagent dans des mesures d’adaptation qui touchent l’ensemble de leur chaîne de valeur.

Dans le domaine social, la promotion de la diversité est désormais considérée comme un élément essentiel de l’attractivité d’une entreprise. Les politiques salariales, notamment la question du « salaire décent », sont également examinées sous l’angle de leurs bénéfices pour l’entreprise.

C’est ici que Camille Putois introduit le concept de RealESG, une approche pragmatique où les pratiques ESG sont intégrées au cœur du processus de création de valeur de l’entreprise. Cette approche est fondée sur l’intérêt de l’entreprise, influencée par le jeu des concurrents, et indépendante de considérations morales ou idéologiques.

Il y a cependant des limites de l’approche volontaire. Les entreprises ont tendance à sous-évaluer les risques à long terme, l’aversion au changement ralentit la transformation, et la pression du court terme pèse sur les dirigeants.

En conclusion, malgré ces défis, Camille Putois affirme que l’approche pragmatique de la transformation environnementale et sociale se diffuse, sous l’effet des obligations de transparence et d’arguments concrets en faveur de modèles plus durables et équitables. Bien que cette approche ne soit pas universelle ni consensuelle, elle s’enracine et devrait résister même en cas de recul des gouvernements.

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