The Conversation – Rapport entre la science et la nature – Un article et un livre
La représentation mathématique et scientifique de la nature est cruciale dans le débat sur la transition écologique, en particulier elle ouvre le débat sur le fait que cela serait une vision réductionniste de la nature qui « simplifierait » excessivement les systèmes naturels complexes, et conduiraient à négliger sa protection.
Un article publié hier dans The conversation » – « Que disent vraiment les mathématiques du réel » – explore la relation complexe entre les mathématiques et la réalité. Son auteur, Georges Comte, commence par évoquer la perception commune selon laquelle les mathématiques décrivent parfaitement le monde naturel, citant Galilée pour illustrer cette idée. Cependant, il remet en question cette notion en examinant le paradoxe de Banach-Tarski, un théorème mathématique qui défie notre intuition du réel.
Ce paradoxe, qui fête son centenaire en 2024, affirme qu’il est possible de découper une boule en un nombre fini de parties et de les réassembler pour former deux boules identiques à l’originale. Cette idée, bien que mathématiquement prouvée, semble absurde dans le monde physique où chaque objet a un volume défini. L’auteur explique que ce paradoxe repose sur l’axiome du choix, une prémisse mathématique qui n’a pas de fondement naturel mais qui est acceptée comme une règle du jeu.
Georges Comte souligne que bien que les mathématiques soient un outil puissant pour comprendre le monde, elles ne sont pas toujours en parfaite adéquation avec notre expérience quotidienne de la réalité. Les mathématiques, avec leurs propres règles et axiomes, peuvent parfois produire des résultats qui semblent paradoxaux ou contre-intuitifs, nous rappelant que la vérité mathématique et la réalité physique ne sont pas toujours synonymes.
Vous pourrez aussi lire le passionnant ouvrage de Fabian Scheidler « La fin de la mégamachine ».
Fabian Scheidler y explore comment les structures de domination, nées il y a cinq mille ans et renforcées par cinq siècles de capitalisme, ont conduit à la destruction de la Terre et de l’avenir de l’humanité. Scheidler utilise le concept de « mégamachine » pour décrire cet ordre social qui asservit la majorité des gens et détruit la planète au profit d’une minorité.
Le livre critique l’idée que la science et la technologie, souvent utilisées pour justifier le progrès et la croissance économique, représentent fidèlement la nature. Au contraire, Scheidler montre comment ces outils ont été manipulés pour servir des intérêts commerciaux et politiques, souvent au détriment de l’environnement et de la société.
Source : Fabian Scheidler: La fin de la mégamachine. Une civilisation en voie d’effondrement ? https://www.seuil.com/ouvrage/la-fin-de-la-megamachine-fabian-scheidler/9782021445602.
Source : « Que disent vraiment les mathématiques du réel » – The Conversation. https://theconversation.com/que-disent-vraiment-les-mathematiques-du-reel-228136
