Voici un document que vous aimerez beaucoup:
Il a été rédigé par Utopies. Il traite du métabolisme socio-économique de l’économie mondiale symbolisé par l’extraction, la transformation et l’élimination des ressources naturelles. Il met en évidence le passage d’un métabolisme basé sur la biomasse à un métabolisme dépendant des ressources non renouvelables depuis la révolution industrielle, entraînant une croissance sans précédent de la richesse matérielle et de la population, en particulier dans les pays occidentaux.
Pourquoi ce document vous intéressera? Parce qu’il constitue une synthèse extrêmement bien construite pour imaginer vos propres explications internes en 3 parties:
1. La croissance du métabolisme comme image de la mégamachine –
2. les limites de la mégamachine (limites planétaires, extraction des ressources, taux de recyclage, flux…)
3. réduire le métabolisme (croissance verte, soutenabilité, équilibre humain planète)
Et tout cela avec des illustrations extrêmement bien construites! A garder de côté.
Transition, financement et politique
2 lectures qui se croisent sur le sujet du financement de la transition et de la politique adéquate.
- Un article du journal Le Monde mettant en avant l’article sur Fanny Henriet, économiste qui affirme « Le principal obstacle à la transition est de savoir qui doit payer»
L’article reste succinct, mais il peut être éclairé par l’ouvrage co-écrit avec Katheline Schubert: La transition énergétique: Objectif ZEN :
Article
L’ouvrage - Un article du Financial Times, interview de Steven Chu, ancien secrétaire à l’énergie de Barak Obama: ‘Wall Street analysts are totally amoral’ on climate
Risques inflationistes
Le journaliste Stéphane Foucart évoque l’inflation comme une raison de mettre la défense de l’environnement au cœur de la politique de la Banque centrale Européenne. Un article récemment publié mentionne en effet que « le réchauffement climatique et les températures extrêmes accentuent les pressions inflationnistes ».
Les ambitions écologiques de la Commission européenne et de ses états membres ont en effet été largement entamées par la crainte, en période d’élections, de voir les colères s’accentuer (celles exprimées par les agriculteurs en particulier pour lesquels les normes environnementales accroissent la pression inflationniste). Or cette publication scientifique vient affirmer que les risques ponctuels d’inflation liés à ces règlementations risquent bien de se voir remplacer par une inflation chronique liée au changement environnemental.
- L’article de Stéphane Foucart : « La dégradation de l’environnement devient une force inflationniste qui ne peut plus être négligée »
- L’article scientifique
Biodiversité et extraction
Etude Un travail d’une ONG qui fera certainement réfléchir au delà de l’industrie de la batterie
L’ONG Rainforest Foundation Norway sort son travail sur « Le manque de politiques adéquates en matière de biodiversité et de déforestation dans les chaînes d’approvisionnement en minéraux des véhicules électriques. » Et ce travail interpelle pour l’ensemble des minéraux nécessaires à la transition environnementale. Ici, l’ONG interpelle nominativement la quasi totalité de l’industrie:
- Les entreprises qui s’engagent à prévenir la déforestation de leurs chaînes d’approvisionnement : BMW Group, General Motors, Mercedes-Benz AG, Renault Group, Stellantis, Tesla, Volkswagen Group et Samsung SDI.
- Les entreprises qui n’ont pas un tel engagement : BYD, Ford Motor Company, GEELY, Nissan Motor Corporation, CATL – Kstar Science & Technology Co., Ltd., Farasis Energy, LG Energy Solution, Northvolt, Panasonic, SK Innovation et Sunwoda Energy Technology Co., Ltd.
- Les 5 entreprises qui intègrent le consentement libre, préalable et éclairé (FPIC) des peuples autochtones comme exigence pour leurs fournisseurs : BMW Group, General Motors, Tesla, Mercedes-Benz AG et Samsung SDI.
L’article: Lack of adequate biodiversity and deforestation policies in EV mineral supply chains
« Réenchanter l’eau. Plaidoyer anthropologique » – Claudine Brelet – Errance&Picard
Florence Bouchy dans le journal Le Monde propose la lecture d’un ouvrage pour « réenchanter la dimension culturelle et affective de l’eau » pour « renouer avec la beauté du monde, et réapprendre à le préserver »
« Réenchanter l’eau. Plaidoyer anthropologique » – Claudine Brelet – Errance&Picard
IEA – Global Critical Minerals Outlook 2024
L’Agence Internationale de l’Energie (AIE ou IEA) a publié le 17 mai dernier son regard 2024 sur les minéraux critiques
Plusieurs conclusions à tirer de ce rapport:
- les prix ont baissé à la fois sur les métaux pour les batteries et les métaux de bases, du fait de stocks excédentaires de produits manufacturés (demande chinoise ralentie)
- le marché est aujourd’hui bien approvisionné, mais la demande continue d’augmenter du fait de la transition énergétique accrue
- Dans 2 des 3 scénarios de la transition énergétique de l’IEA, le Cuivre et le Lithium sont en quantité insuffisante (au pire, 70% des besoins en Cuivre, 50% des besoins en Lithium)
- le Graphite et les terres rares sont elles confrontées à un problème de concentration des producteurs (90% du Graphite est chinois, 77% dus terres rares sont chinoises) dont la diversification est limitée malgré les efforts.
- Dans l’ensemble, le Lithium et le Graphite affichent les scores de risque les plus élevés. Le Lithium et le Cuivre sont plus exposés aux risques d’approvisionnement et de volume tandis que le Graphite, le Cobalt, les terres rares et le Nickel sont confrontés à des risques géopolitiques plus importants. La plupart des minéraux sont exposés à des risques environnementaux élevés. Par exemple, les opérations de raffinage actuelles se déroulent dans des endroits où les réseaux ont tendance à avoir une intensité carbone plus élevée, s’appuyant principalement sur l’électricité produite à partir du charbon.
Le brouillage du repère salaire
Le journal Le Monde interroge aujourd’hui la sociologue Elise Penalva-Icher sur le mouvement d’individualisation et de complexification du salaire aux dépends de sa compréhension par le salarié. L’introduction de primes individuelles, d’intéressement, de participation semble aller dans le sens d’un meilleur partage (le S de RSE), mais participe dans le même temps à une individualisation plus forte de la rémunération, et à des écarts illégitimes qui renforcent les inégalités. A lire donc cet échange :
A lire également, l’ouvrage d’Elise Penalva-Icher – La frustration salariale – A quoi servent les primes? – Editions Sorbonne Universités Presses – 224 pages – 20€ :
Source La frustration salariale
A compléter par la lecture de la Directive 2023/970 du 10 mai 2023 visant à renforcer l’application du principe de l’égalité des rémunérations entre les femmes et les hommes pour un même travail ou un travail de même valeur parue au Journal Officiel de l’UE du 17 mai 2023 :
Sobriété des entreprises
Ressource Sobriété des entreprises
L’association Orée qui fédère un réseau d’acteurs engagés pour l’environnement publiait hier un travail engagé en 2023, confié par le Commissariat Général au Développement Durable (CGDD): un état des lieux de la sobriété en France, sa place dans les stratégies d’entreprises et les actions mises en place. Un excellent ouvrage pour se projeter plus loin dans la sobriété ou simplement initier sa démarche de manière structurée
Source 2024 : L’appropriation stratégique de la sobriété par les entreprises
Élaboré à partir des pratiques de soixante entreprises, ce rapport explore les étapes clés, des retours d’expériences et des recommandations précises dans des domaines tels que la sobriété énergétique des bâtiments, les mobilités professionnelles et la sobriété matière.
Ce document illustre comment les entreprises peuvent réduire leur empreinte écologique tout en améliorant leur résilience à travers des pratiques telles que le juste dimensionnement des équipements, la réduction des déplacements professionnels, la rénovation énergétique des infrastructures et la réduction de la consommation des ressources.
IA & RSE
L’IA est-elle un bon outil pour la RSE, peut-elle aider?
Un article YouMatter vous permettra de découvrir les usages que des cabinets tels que Haatch imaginent (en l’occurrence un chatbot pour aider le travail de la CSRD, trouver des réponses sur la décarbonation)
Source L’IA peut-elle aider les entreprises dans leur démarche RSE ?
L’IA peut aussi aider à collecter les données, les digérer comme le pensent 8 professionnels sur 10 selon l’étude ESG Practioner Survey de Workiva
Source: Enquête 2024 auprès des praticiens ESG
Mais l’IA peut aussi contribuer sévèrement à l’augmentation des émissions carbones comme le montre l’analyse du rapport de développement durable de Microsoft, et tel que décrypté par Jean-Marc Jancovici sur Linkedin (29,1% d’augmentation des émissions globales entre 2020 et 2023 alors qu’ils investissent massivement sur la décarbonation
Source Les Echos : comment l’IA plombe le bilan carbone de Microsoft
Norme ISO 53800 Egalité Hommes Femmes
Le « S » de RSE – Une norme pour normer ce qui ne l’est pas – Egalité Femmes-Hommes
En 2021 déjà, une première norme française Spec X30-020 paraissait sur le sujet de l’égalité Femmes-Hommes. Mais c’est sous l’égide de l’AFNOR et la contribution de nombreux acteurs que l’ISO donne naissance à la norme volontaire ISO 53800 déjà validée à plus de 60 pays. Elle s’intitule « Lignes directrices relatives à la promotion et à la mise en œuvre de l’égalité entre les femmes et les hommes et à l’empouvoirement des femmes ».
C’est un guide méthodologique (elle n’est pas certifiable) qui permet de se conformer aux Objectifs de développement Durable, en particulier l’ODD 5 « égalité des sexes ». Il doit permettre « d’instaurer une culture d’égalité entre les femmes et les hommes et de l’empouvoirement des femmes ». La norme contient « le cadre, les ressources, les politiques, les outils et les bonnes pratiques permettant la contextualisation, la promotion et la mise en œuvre de l’égalité entre les femmes et les hommes. »
Source: la norme
Article sur le site Afnor: Egalité femmes-hommes : une grande cause nationale donne naissance à une norme internationale
