(Baromètre CSRD) – Forvis Mazars – Baromètre et applications pratiques de la CSRD

Le baromètre RSE 2024 du cabinet Forvis Mazars donne une vision de la mise en œuvre de la CSRD par les grandes entreprises européennes. Un panel de 255 sociétés cotées dans 15 pays européens a été analysé sur les pratiques du rapport extra-financier , en se concentrant particulièrement sur l’analyse de double matérialité, la structure des états de durabilité et les plans de transition climatique.

Ce qui en ressort?

  1. L’analyse de double matérialité devient centrale, avec 25% des entreprises ayant déjà réalisé cet exercice en anticipation de la CSRD.
  2. La structure de l’état de durabilité se normalise progressivement, avec 16% des entreprises adoptant déjà le format préconisé par les ESRS (European Sustainability Reporting Standards).
  3. Les plans de transition climatique restent encore peu développés, seuls 13% des entreprises en publiant un à ce stade.
  4. L’intégration des parties prenantes dans l’analyse de matérialité se généralise, 91% des entreprises les consultant lors de cet exercice.
  5. La collecte et la fiabilisation des données extra-financières restent pourtant un défi majeur pour de nombreuses entreprises.

Ce qu’apporte le baromètre? Un état des lieux des pratiques
Ce qui est intéressant dans ce baromètre, ce sont les exemples concrets et des bonnes pratiques d’entreprises, comme par exemple la présentation visuelle des résultats de l’analyse de matérialité ou la structuration des plans de transition.

  • Le graphique d’Orsted présentant sa chaîne de valeur avec les impacts et risques associés est particulièrement parlant.
  • En termes d’outils, la méthodologie d’évaluation des IRO proposée par Telefonica, avec des échelles de cotation détaillées, est une approche intéressante à s’approprier.
  • Le tableau de Cenergy Holdings présentant conjointement les politiques, actions, cibles et indicateurs liés à un enjeu matériel offre une vision intégrée pertinente.

L’interview de Sophie Pierson de Rubis permet de souligner l’importance d’une conduite du changement pour faire évoluer la culture d’entreprise et intégrer pleinement les enjeux de durabilité dans la stratégie.

Source https://www.forvismazars.com/fr/fr/insights/publications-et-evenements/etudes/etude-barometre-rse-2024

(Rapport) Oxfam – La quête de solutions durables – le cas des agrocarburants en concurrence de la sécurité alimentaire

La quête de solutions durables est un exercice d’équilibre délicat. Un d’Oxfam publié le 11 septembre sur les agrocarburants soulève des questions cruciales sur la manière dont nous abordons les défis environnementaux actuels. L’étude montre les conséquences « prévisibles » des politiques européennes en matière d’agrocarburants, initialement conçues pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur des transports.

Le rapport affirme que ces politiques ont eu des effets pervers significatifs. En encourageant l’utilisation de cultures vivrières pour produire des carburants, elles ont contribué à une hausse des prix alimentaires, à une volatilité accrue des marchés agricoles et à une pression sur les terres cultivables. En 2022, les cultures destinées aux agrocarburants auraient pu nourrir 1,6 milliard de personnes si elles avaient été utilisées pour l’alimentation humaine. Oxfam confirme que cette situation est particulièrement préoccupante dans un contexte où 783 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde.

Dans nos réflexions et mise en oeuvre de solutions aux défis environnementaux, il est important de considérer les interactions complexes entre différents systèmes et besoins humains fondamentaux.

Par exemple, dans le domaine de l’énergie renouvelable, le développement de grandes centrales solaires ou éoliennes peut entrer en conflit avec la préservation de la biodiversité ou l’utilisation des terres pour l’agriculture. Ainsi, le Conseil national de la protection de la nature recommande d’interdire tout nouvel équipement photovoltaïque sur des espaces naturels ou semi-naturels tant que le potentiel des surfaces artificialisées (Voir article du Monde ci-dessous)

De même, l’extraction de lithium pour les batteries des véhicules électriques peut avoir des impacts négatifs sur les ressources en eau et les écosystèmes locaux dans certaines régions.

Dans le secteur de l’agriculture, les efforts pour augmenter les rendements grâce à une utilisation intensive d’engrais et de pesticides peuvent améliorer la sécurité alimentaire à court terme, mais au détriment de la santé des sols et de la qualité de l’eau à long terme.

Une approche holistique est essentielle dans la recherche des solutions. Aux commandes de la RSE dans les entreprises, nous nous devons d’encourager une collaboration interdisciplinaire avec scientifiques, décideurs politiques, communautés locales et autres parties prenantes. Des évaluations d’impact complètes, prenant en compte les effets à court et à long terme, ainsi que les interactions entre différents secteurs, sont nécessaires avant la mise en œuvre à grande échelle de nouvelles technologies ou politiques.

Mais parce qu’il faut tout de même pouvoir agir, il est important d’adopter une approche adaptative, permettant d’ajuster les stratégies en fonction des résultats observés et des nouvelles connaissances acquises. La flexibilité et la capacité à remettre en question les approches existantes sont essentielles dans un contexte environnemental en constante évolution.

La résolution de la crise environnementale nécessite une pensée systémique et une vigilance constante, sans dogmatisme. Chaque solution proposée doit être examinée non seulement pour son potentiel à résoudre un problème spécifique, mais aussi pour ses implications plus larges sur l’ensemble de notre écosystème et de nos sociétés.

Pour aller plus loin
Source du rapport https://www.oxfamfrance.org/rapports/le-choix-catastrophique-des-agrocarburants/
Article Le Monde sur les centrales solaires – https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/09/05/protection-de-la-biodiversite-faut-il-changer-les-regles-d-implantation-des-centrales-solaires_6304517_3244.html
Article Le Monde sur le Lithium et l’eau – https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/03/18/dans-l-allier-la-future-mine-de-lithium-enflamme-le-debat_6222650_3234.html

Livre – Le droit et les limites planétaires

L’ouvrage sorti ce 19 septembre « Les limites planétaires à l’ère en l’anthropocène – entre sûreté et justice », édité sous la direction de Catherine Le Bris et Marta Torre-Schaub, explore sous l’angle juridique le concept des « limites planétaires.
Introduite en 2009 par des chercheurs suédois et australiens, cette notion définit les seuils environnementaux à ne pas dépasser pour préserver la viabilité de notre planète. Bien que de plus en plus présente dans les rapports scientifiques, son intégration dans le droit reste embryonnaire.
Ce livre pluridisciplinaire examine les outils juridiques disponibles pour encadrer ces limites, tout en soulignant les défis légaux inhérents à ce concept étroitement lié à l’ère de l’Anthropocène. Une vingtaine d’experts internationaux contribuent à cette analyse novatrice à l’intersection du droit et de l’écologie.

Source

Transition vers une Durabilité Compétitive

Lindsay Hooper (CEO) et Paul Gilding de L’Institut de Cambridge pour le Leadership en Développement Durable (le CISL) appellent en publiant « Survival of the Fittest : From ESG to Competitive Sustainability » à un changement de paradigme urgent.

Le constat est sans appel : malgré des décennies d’efforts et d’engagements, la crise de durabilité s’aggrave. Le modèle RSE, bien qu’ayant permis certaines avancées, n’a pas réussi à générer les transformations profondes nécessaires. Dans la plupart des cas, il reste plus rentable à court terme pour les entreprises de nuire à la planète que de changer radicalement leurs pratiques. C’est ce que les auteurs affirment.

Face à ce constat, le CISL appelle à passer d’une approche de « durabilité déclarative » à une « durabilité compétitive », ce qui nécessite du moins pour les entreprises qui montrent déjà le chemin:

  1. de changer de mentalité. La durabilité n’est pas une option ou une tendance, mais un impératif dicté par les lois de la nature. Les entreprises doivent intégrer cela dans leur stratégie centrale, pas comme un élément périphérique.
  2. de transformer les marchés. Les entreprises doivent activement pousser pour des politiques gouvernementales fortes qui changeront les règles du jeu économique en faveur de la durabilité.
  3. d’adopter une approche compétitive : Au lieu de se contenter de « faire sa part », les entreprises doivent chercher à façonner leurs marchés et à y gagner des avantages concurrentiels grâce à la durabilité.
  4. de repenser l’engagement des parties prenantes : Les entreprises doivent construire un soutien social pour la transition, en montrant que l’action rapide sur la durabilité est bénéfique pour l’économie, l’emploi et la sécurité.
  5. d’être plus agressif dans le plaidoyer : Face aux résistances des acteurs défendant le statu quo, les entreprises progressistes doivent adopter une approche plus robuste et interventionniste.

L’article illustre des exemples d’entreprises qui ont pris la mesure des changements nécessaires, comme l’initiative suédoise pour l’acier sans combustibles fossiles. Cette initiative montre comment l’alignement entre stratégie d’entreprise, positionnement sur le marché et soutien gouvernemental peut accélérer la transition.

La mise en œuvre de ces recommandations représente un défi de taille. Elle nécessite un changement culturel profond dans de nombreuses entreprises, ainsi qu’une volonté politique forte. Dans un contexte économique tendu, convaincre les dirigeants d’investir massivement dans la transformation de leurs marchés peut s’avérer difficile.

La publication Survival of the Fittest – From ESG to Competitive Sustainability https://www.cisl.cam.ac.uk/news-and-resources/publications/survival-fittest-esg-competitive-sustainability
L’article du Financial Times https://www.ft.com/content/47b334a9-69eb-4cd0-af22-6ad0b92c0ef6?shareType=nongift

Conversation sur l’IA et la durabilité et la durabilité de l’IA

Ce podcast de 11 minutes pourrait vous étonner, ou vous effrayer.

Parmi les sujets sur lesquels j’aime à travailler, il y a le celui de les potentiels de l’IA sur la durabilité face à l’impact de l’IA sur la durabilité. Et derrière ce sujet, celui du technosolutionnisme.

L’ambiguïté de mon attitude face à la technologie se mesure aussi dans mon propre comportement: je suis atterré par les bilans carbone publiés cette année par Microsoft ou Google, avec des hausses spectaculaires liées aux usages de l’IA. Dans le même temps, j’ai un appétit toujours constant dans la compréhension des possibilités de ces outils.

C’est ainsi que j’ai noté la sortie de l’outil expérimental de Google: Voici ce qu’en dit Benoit Raphael: « Notebook LM est une sorte de petit « second cerveau » qui permet de glisser toutes vos notes, vos documents, sur un sujet de recherche. Et de brainstormer avec l’IA pour explorer le sujet de fond en comble et sortir de nouvelles idées. »

J’ai donc essayé d’explorer l’usage de cet outil avec… une part des ressources mises de côté dans mon autre second cerveau (Obsidian) pour faire disserter l’outil sur… L’IA et la durabilité.

Voici le résultat. Une conversation entre deux personnages virtuels qui dissertent autour des documents fournis!

Dites moi ce que vous en pensez!

Pour ma part, je suis évidemment bluffé. Je n’ai donné que peu de choses, mais quelques articles de fond, en prenant soin d’avoir des sources contradictoires (il y a par exemple un livre blanc Microsoft qui va évidemment dans le sens du technosolutionnisme, et un article montrant les liens de Microsoft avec les Big Oils), et des articles plus scientifiques.
A vos commentaires!

(Propositions) – Publication des 30 propositions 2024 du Cercle de Giverny pour accélérer la transformation sociale et environnementale

Voici ce qu’il en dit lui-même:

Voici quelques exemples de nos propositions urgentes, pragmatiques, parfois disruptives sur 6 sujets majeurs :
➡️ LE PARTAGE DES VALEURS : Aligner les intérêts de toutes les parties prenantes pour aller au-delà de la simple performance financière.
➡️ L’ÉNERGIE : Créer un CarboScore et standardiser les méthodes de mesure pour une approche systémique et transsectorielle.
➡️ LES COMPORTEMENTS : Favoriser des imaginaires nouveaux via l’audiovisuel et des approches incitatives pour transformer les habitudes.
➡️ LE NUMÉRIQUE : Un équilibre entre innovation et éthique dans le déploiement de l’IA, en plaçant la durabilité au centre.
➡️ L’INCLUSION : Proposer des coopérations territoriales et un index inclusion pour restaurer la confiance.
➡️ L’ADAPTATION : Prioriser l’adaptation au changement climatique avec des solutions locales et participatives.

Source Le post Linkedin de Romain Mouton https://www.linkedin.com/posts/romainmouton_les-30-propositions-du-cercle-de-giverny-activity-7240218895033249792-40Uu
Le Rapport est accessible directement dans le post, pas encore sur le site du Cercle

(Guide) – Aligner les engagements climatiques avec les engagements dans les associations professionnelles

Alors que nombre d’entreprises cherchent à s’engager de manière sérieuse dans la transition, qu’elles se fixent des objectifs parfois ambitieux, elles sont évidemment scrutées sous toutes les coutures par les parties prenantes et le grand public. Le greenwashing est certes un angle primaire de cette observation, mais il faut également éviter toute incohérence entre les ambitions annoncées et les actions concrètes, en particulier au travers des engagements des entreprises via les associations professionnelles.

C’est ce dernier point qui est constitue le coeur du « Business Associations Climate Action Guide » juste publié. Le guide propose une approche en 3 phases: 1-évaluer l’alignement, 2-travailler vers l’alignement, et 3-accélérer les objectifs climatiques.

Il souligne d’abord l’importance d’obtenir un engagement de haut niveau au sein de l’entreprise et d’attribuer clairement les responsabilités pour ce travail d’alignement. Les entreprises sont ensuite guidées à travers un processus de cartographie de leurs adhésions aux associations et d’évaluation de l’alignement de ces associations avec une politique climatique basée sur la science.

Une fois l’évaluation effectuée, le guide encourage les entreprises à développer et exécuter une stratégie pour améliorer l’alignement. Cela peut impliquer des actions allant de l’engagement constructif avec les associations à la reconsidération de l’adhésion si nécessaire. La transparence est fortement encouragée, avec un appel à la divulgation publique des résultats de l’évaluation et de la stratégie d’engagement.

Le guide ne s’arrête pas à l’alignement ; il pousse les entreprises à aller plus loin en reconnaissant et récompensant les associations bien alignées et en s’engageant activement dans des initiatives climatiques positives. Cela permet de créer un effet d’entraînement positif dans le secteur.

C’est donc ici une méthodologie structurée pour aborder un aspect souvent négligé de l’empreinte climatique d’une entreprise : son influence indirecte via les associations professionnelles. Il aide également à prévenir les risques réputationnels liés à des incohérences entre les engagements climatiques publics et les positions défendues par les associations auxquelles l’entreprise adhère. Enfin, ce travail d’alignement peut devenir un levier puissant pour amplifier l’impact positif de l’entreprise sur la politique climatique. En influençant les associations vers des positions plus progressistes, une entreprise peut contribuer à créer un environnement réglementaire plus favorable à la transition vers une économie bas carbone.

Source https://exponentialroadmap.org/business-associations-climate-action-guide/

(Article) – comment concilier climat, biodiversité et social – analyse des campagnes Race to Zero et Race to Resilience

L’article de cette publication, publié en juin, effectue une analyse sur deux campagnes majeures soutenues par la CCNUCC : Race to Zero (R2Z) et Race to Resilience (R2R). Ces campagnes visent à mobiliser des acteurs non-étatiques (villes, entreprises, investisseurs, etc.) pour des actions climatiques ambitieuses.

Au coeur de la discussion:
Les auteurs montrent que bien que ces campagnes reconnaissent l’importance de la nature dans l’action climatique, leurs critères et métriques actuels ne reflètent pas pleinement la complexité des interactions entre climat, biodiversité et bien-être humain. Il existe un risque que des actions bien intentionnées pour le climat puissent nuire à la biodiversité ou aux communautés locales.

Ainsi, les campagnes R2Z et R2R pourraient améliorer leur approche dans 4 domaines clés :
🔹Les pratiques d’amélioration des puits de carbone : Certaines stratégies de séquestration du carbone, comme le reboisement à grande échelle ou la bioénergie avec capture et stockage du carbone (BECCS), peuvent nuire à la biodiversité. Les écosystèmes marins, souvent négligés, sont des puits de carbone efficaces qui méritent plus d’attention.
🔹Protection de la biodiversité face au changement climatique :Le changement climatique rend les résultats de la gestion environnementale plus imprévisibles. Les critères des campagnes doivent tenir compte de cette incertitude et encourager des approches adaptatives.
🔹 Échelle spatiale des actions : Les efforts de conservation à grande échelle sont nécessaires mais pourtant rares. Les campagnes devraient encourager des interventions à plus grande échelle tout en reconnaissant les défis associés.
🔹Métriques et suivi des progrès : Contrairement au climat avec son objectif de 1,5°C, la biodiversité est plus complexe à mesurer. Il faut développer des métriques plus sophistiquées pour évaluer les impacts multidimensionnels des actions.

Pour ce qui concerne les aspects sociaux, indispensables à prendre en compte

Considérations socio-écologiques : L’article souligne également l’importance de prendre en compte les aspects sociaux : les stratégies de conservation peuvent avoir des impacts positifs ou négatifs sur les communautés locales, l’implication des peuples autochtones et des communautés locales est cruciale pour réussir. Les conflits potentiels entre conservation, agriculture et autres utilisations des terres doivent être gérés.

Les améliorations que proposent les auteurs de l’article pour les campagnes R2Z et R2R sont les suivantes :

  • Interdire les stratégies de reboisement à grande échelle qui nuisent à la biodiversité.
  • Développer des critères pour les écosystèmes marins et côtiers.
  • Renforcer la participation des communautés locales et des peuples autochtones.
  • Créer un cadre de mesure unifié pour R2Z et R2R qui capture les multiples dimensions des actions.

Pour les entreprises, cela a des conséquences (raison pour laquelle l’article est ici!).

  • Il est nécessaire d’adopter une approche holistique dans les stratégies climatiques, considérant les impacts sur la biodiversité et les communautés.
  • Il faut développer des métriques plus complètes pour évaluer l’impact global des actions.
  • Il y a des opportunité de leadership pour ceux qui adopteraient des pratiques qui bénéficient simultanément au climat, à la nature et aux populations.

L’article : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1462901124001370?via%3Dihub
Synthèse de l’IDDRI : https://www.iddri.org/fr/publications-et-evenements/publication-scientifique/mettre-laction-climatique-mondiale-au-service

(Etude) – Quelle est la valeur des écosystèmes dans l’Union Européenne? – le projet INCA

Je fais ici état d’un travail déjà connu depuis juin 2021. Alors que la mutation de notre environnement n’est pas uniquement centrée sur le climat, mais aussi sur la biodiversité en particulier, cela a beaucoup de sens dans l’entreprise pour comprendre, de mesurer la valeur des écosystèmes.

C’est tout le travail qui a été réalisé au travers du projet INCA (Integrated system of Natural Capital and ecosystem services Accounting): développer un système intégré de comptabilité des écosystèmes dans toute l’UE qui permette de mesurer et suivre dans le temps.
Les éléments clés du projet étaient 1 – de créer des comptes d’étendue des écosystèmes et de leur évolution – 2- d’en mesurer l’état, la qualité, la santé – 3 – de quantifier les services qu’ils fournissent à la société et à l’économie.

C’est ce que le schéma en illustration donne ici:

  • une valeur estimée de 234 Milliards d’Euro en UE en 2019
  • des forêts qui fournissent 47,5% de la valeur totale des services écosystémiques étudiés
  • près de 50% de la demande en services écosystémiques qui n’est actuellement pas satisfaite

On retiendra, pour ne pas aller trop loin pour nous, ce bel exercice de flux de services que nous utilisons en illustration. mais l’article comprend nombre d’autres très bonnes visualisations qui permettent réellement une bonne compréhension des choses.

Source https://ec.europa.eu/eurostat/en/web/products-statistical-reports/-/ks-ft-20-002

(Article) – Une bonne nouvelle: la baisse des émissions de soufre a une influence marginale sur le réchauffement climatique

Depuis quelques mois, une interrogation agite la communauté scientifique, mais aussi les acteurs de la décarbonation : la réduction du taux de soufre dans les carburants maritimes aurait-elle accéléré le réchauffement climatique ? Cette hypothèse, largement relayée dans certains médias, vient d’être tempérée par une nouvelle étude publiée dans la revue Earth’s Future.

Les chercheurs ont examiné les effets de la norme IMO 2020 (Low Sulphur), qui limite drastiquement la teneur en soufre des carburants maritimes. Leurs conclusions sont mesurées : si cette réglementation contribue effectivement au réchauffement, son impact reste modeste. Les modèles climatiques prédisent une augmentation de la température moyenne de 0,046°C sur la période 2020-2029.

Cette hausse, bien que non négligeable, apparaît minime comparée à l’ampleur du réchauffement global observé. L’année 2023, la plus chaude jamais enregistrée, a vu la température moyenne dépasser de 1,45°C les niveaux préindustriels. Les scientifiques soulignent que ce record s’explique principalement par les émissions de gaz à effet de serre et des phénomènes naturels comme El Niño.

L’étude met en perspective les affirmations alarmistes sur le rôle du dioxyde de soufre et rappelle que la réduction de ce polluant, nocif pour la santé, était une nécessité. Cependant, elle ravive aussi le débat sur la géo-ingénierie et l’utilisation potentielle du SO₂ pour refroidir l’atmosphère, une idée qui soulève de nombreuses inquiétudes chez les climatologues.

La bonne nouvelle, c’est qu’en avançant de manière assez logique (réduire les émissions nuisibles), on obtient peut-être des effets indésirables, surprenants, mais cela fait avancer dans le bon sens néanmoins. Que les mauvaises nouvelles non appuyée sur la science ne soient donc plus un prétexte pour reculer

source Le Monde https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/08/29/la-baisse-des-emissions-de-soufre-a-une-influence-marginale-sur-le-rechauffement-climatique_6298180_3244.html
L’étude https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1029/2024EF005011